Musée d'Histoire Urbaine et Sociale de Suresnes
 
 

La conservation et la restauration

La notion de conservation préventive englobe l’ensemble des moyens utilisés pour préserver les œuvres des altérations qui peuvent être causées par le temps ou l’action de l’homme.

En effet, les matériaux constituant les œuvres sont quasiment toujours transformés et le temps les poussera à retrouver leur état original : le métal s’oxyde pour se rapprocher de l’état du minerai, le bois et le papier se désagrègent pour redevenir cellulose…

Le rôle des professionnels des musées -et notamment des chargés de collections- est de mettre en place toutes les mesures nécessaires pour réduire au maximum les dégradations sur les objets. 

Ces interventions préventives sont parfois insuffisantes et les œuvres doivent subir des opérations curatives : c’est la restauration.

La restauration est effectuée par des professionnels diplômés sous le contrôle du personnel scientifique du musée et de la commission de restauration régionale des musées de France organisée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France. Ce sont des prestataires du musée dont le personnel ne possède pas ces compétences.

 

Les restaurations de l'année 2017

Suresnes est connue comme "la cité des parfums" : en effet, François Coty y installe son laboratoire juste avant la première Guerre mondiale afin d'y développer une gamme de parfums de haute qualité, personnalisant chaque femme.

 

L'usine Coty à Suresnes

A l'emplacement du Château de la Source, l'usine qui réalise jus, flacons et emballages, employera jusqu'à 4000 employé.e.s.

Cette usine est encore en partie visible le à côté du pont de Suresnes : elle accueille le siège de l'entreprise Bel.

La cour d'honneur de l'usine Coty

L'usine accueillait, en plus des lieux de production, le siège social avec les départements d'études, de création, de publicité et de vente.

De part et d'autre de l'entrée principale, deux fontaines étaient décorées de bas reliefs représentant des jeunes filles agenouillées autour d'un brûle parfum.

Un bas relief avant restauration

 

Ces bas reliefs ont été déposés au moment du remaniement du bâtiment en 2001. Stockés par le MUS et portés à l'inventaire, leur restauration a été décidée en 2016.

En effet, leur long séjour à l'extérieur avait provoqué des coulures, un noircissement et quelques pertes de relief.

Bas relief après restauration

 

Les bas reliefs ont été sablés et nettoyés pour retrouver la couleur d'origine de la pierre. Ils ont ensuite été remis en place dans le parc du Château, sous une couverture en zinx afin de les protéger de la pluie!

Désormais, le motif créé par René Lalique et reproduit ici par le sculpteur André Augustin Sallé est bien lisible.

La remise en place des bas reliefs, en cours

 

Allez vite les découvrir !

Les restaurations de l'année 2016

Cette année, deux oeuvres à l'histoire mouvementée ont subi une cure de jouvence grâce au MUS. Il s'agit de deux griffons du pont de Suresnes qui sont actuellement en cours de traitement.

Le pont que nous connaissons actuellement fait suite à plusieurs reconstructions. Le premier pont ayant remplacé le bac a été construit en 1842 ; détruit par les conflits de 1870, un pont de bateaux a été provisoirement mis en place.

Cet assemblage de bateaux peu pratique a été rapidement remplacé par un pont à trois arches contruit entre 1873 et 1874. Rapidement devenu trop étroit, sa largeur a été augmentée à 17,55 mètres en 1897 : c'est à ce moment que la municipalité a lancé un programme de décoration confié au sculpteur Emmanuel Frémiet qui a brillament réalisé le monument à Jeanne d'Arc à Paris.

Carte postale 2000.1.4 représentant le pont de Suresnes avec le décor d'Emmanuel Frémiet

 

Les candélabres prenant place au dessus de chaque pile étaient garnis de sculptures représentant le blason de Paris ainsi que trois griffons portant le blason de Suresnes.

Deux griffons et un blason ont été conservés dans les collections du musée sous les numéros d'inventaire 2015.0.71.1 et.2. Leur long séjour en extérieur a provoqué une profonde corrosion de la surface du métal d'autant plus qu'il était exposé devant l'ancien musée avenue Franklin Roosevelt.

 

 

Départ des griffons chez la restauratrice du patrimoine spécialisée en traitement des oeuvres métalliques.

Le MUS a fait appel à une restauratrice du patrimoine pour arrêter la corrosion, retrouver les différents états de l'oeuvre et redonner de la lisibilité à l'oeuvre.

 

 

Les blasons après dépoussiérage

Dans l'atelier de la restauratrice, les oeuvres ont donc été dépoussiérées minutieusement. Ensuite, la corrosion a été dégagée mécaniquement par sablage, c'est à dire par projection à haute pression de micro-particules. Ce dégagement a été complété au scalpel pour les zones les plus sensibles.

 

Un des griffons maintenu pour les traitements

 

Le traitement a révélé la peinture originale et une couche dorée correspondant à la bronzine, le traitement anti-rouille qui protégeait les griffons en extérieur.

L'équipe a choisi de ne pas faire repeindre ces éléments pour garder la trace de leur évolution et expliquer ces particularités de la statuaire urbaine aux visiteurs.

 

La couche de bronzine bien visible sur un des griffons

Cette restauration a révélé la qualité de la sculpture, le détail des plumes des ailes, le rendu de la physionomie des félins. D'autres détails apparaîtront au moment du rendu du rapport de restauration.

Les institutions ayant emprunté des oeuvres ont financé des "bichonages d'oeuvres" c'est à dire des restaurations légères pour une meilleure lisibilité.

Le Musée Raymond Poincaré de Sampigny a ainsi fait recoller une fragilité sur la figurine de Nicolas II par Henry Pierre 997.00.1874 .

 

Le Musée des Arts décoratifs a nettoyé et restauré l'ensemble des oeuvres empruntées.

Les restaurations de l'année 2015

En 2015, le MUS a prêté au Musée Français de la Carte à jouer plusieurs tableaux sur la Seine dont la Vue de Suresnes depuis Saint-Cloud par Gaston La Touche (2014.5.1).

Cette acquisition récente nécessitait une légère restauration qui a été prise en charge par le Musée Français de la Carte à jouer : il fallait rendre la lisibilité au tableau dont le vernis était jauni. Il fallait aussi réaliser un montage dans un cadre adapté.

 

Les restaurations de l'année 2014