Musée Bonnat-Helleu, musée des beaux-arts de Bayonne
© Bayonne, musée Bonnat-Helleu / cliché A. Vaquero
 

Musée Bonnat-Helleu
musée des beaux-arts de Bayonne
5 rue Jacques Laffitte
64100 Bayonne
05 59 46 63 60

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La Fête de l'estampe

Dernière mise à jour : 27/06/2017
Ellen étendue sur un canapé
Ellen étendue sur un canapé

Paul-César Helleu
Ellen étendue sur un canapé
1894 - 1895
pointe sèche sur papier vergé
inv. 2013.3.1

 

Helleu a construit sa réputation de graveur en utilisant la technique de la pointe sèche. Ce procédé de taille-douce, c'est-à-dire la gravure en creux d’une plaque de métal, se développe à partir du XVIe siècle et porte le nom de l’outil utilisé : un stylet avec une pointe de métal ou de diamant, avec lequel le graveur griffe la plaque de cuivre. Le métal est simplement déplacé par la pointe et forme des bourrelets de part et d’autre du trait, appelés les barbes. Ce sont elles qui donneront un aspect velouté aux tirages. Selon l’effet voulu, l’artiste peut choisir soit de les conserver, soit de les retirer. La plaque de cuivre achevée, il faut l’imprimer avec une presse à taille-douce. Seul un petit nombre de tirages peut être effectué. Les barbes étant écrasées par le passage sous presse, l’aspect velouté diminue au fur à mesure des impressions. L’encrage et l’essuyage de la plaque de cuivre ont également une incidence sur la qualité du tirage et permettent parfois d’introduire de la couleur.

La pointe sèche, qui se tient comme un crayon, permet une liberté d’expression et produit des œuvres d’une grande spontanéité. En revanche l’erreur n’est pas corrigeable.

C’est en 1885 que son ami le peintre James Tissot (1836-1902) offre à Helleu sa première pointe de diamant. Il est conseillé et encouragé par d’autres amis, dont le peintre Walter Sickert (1860-1942). Dès 1887, au Salon des Pastellistes, il rencontre le succès avec ses gravures et compte parmi ses acheteurs l’écrivain et collectionneur Robert de Montesquiou (1855-1921) qui l’introduit auprès de la meilleure société.

Les pointes sèches sont pour l’artiste un moyen de gagner honorablement sa vie en représentant d’élégantes personnalités parisiennes et étrangères, ainsi que de conserver le souvenir des attitudes de son épouse et de ses enfants, puis de les publier via Nos Bébés (Paris, H. Bouquet, s.d. [décembre 1905]). Sur cette estampe Ellen, l’aînée des quatre enfants, a 7 ans et son père la représente étendue, un peu rêveuse, le regard perdu. La composition mêle deux motifs : Ellen au premier plan, gracieusement couchée sur son lit de repos, et, d’un trait ténu, à l’arrière-plan le visage de la fillette dessinant ou écrivant : Helleu a pratiqué la multiplication d’un motif sur une même planche à plusieurs reprises.

L’artiste lui-même souligne l’importance de la gravure dans sa vie et sa carrière. Il écrit les mots suivants à Montesquiou (lettre d'Helleu à Montesquiou, 1913, citée dans Robert de Montesquiou, Paul Helleu, peintre et graveur, Paris, H. Floury, 1913) : « J’ai eu tant de beaux, tant de jolis modèles, j’ai travaillé avec tant d’enthousiasme et d’admiration que je suis persuadé d’avoir gravé cette émotion et cette admiration, dans le cuivre. »


Vendredi 26 mai, retrouvez également nos œuvres gravées sur notre compte Twitter et faites-les circuler comme bon vous semble !

La Fête de l'estampe est également l'occasion d'annoncer la présence du musée à la médiathèque de Bayonne pour les Journées européennes du patrimoine (16-17 septembre 2017). La médiathèque du centre-ville présentera l'exposition Plaque à part, Bayonne en gravure (26 juin-30 septembre 2017), accompagnée de conférences et d'événements les 16 et 17 septembre. L'équipe scientifique du musée proposera D'autres estampes à Bayonne : la collection du musée Bonnat-Helleu, de Dürer à Helleu, samedi 16 septembre à 15h. Cette conférence aura lieu à la médiathèque et sera accompagnée d'une vente de publications et cartes postales déclassées du musée.

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