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Les musées dans la tourmente

© Les produit de l'épicerie (graphiste)
 
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© Les produit de l'épicerie (graphiste)

 

Avant tout destructrice en vies humaines, la Première Guerre mondiale a également profondément touché le patrimoine artistique du Nord de la France.

Bombardements, destructions, vols, pillages, transferts des collections, instrumentalisation politique : en quinze développements, découvrez la façon dont les musées ont traversé les quatre années de guerre.

Cette exposition virtuelle présente en plusieurs séquences le destin d’hommes, d’œuvres et de musées entre 1914 et 1918 sur le territoire de l’actuel Nord-Pas de Calais et de la Picardie, alors traversé par la ligne de front.

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Les musées du Nord pendant la guerre

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Les musées du Nord de la France, au premier rang desquels se trouve le Palais des Beaux-Arts de Lille, comptent en 1914 parmi les plus importants sur le plan national hors Paris et ses environs. Pourtant, au moment où le pays s’apprête à entrer en guerre, aucune protection spécifique de leurs bâtiments ou de leurs collections n’a été envisagée malgré leur proximité avec la frontière belge. La Première Guerre mondiale fait donc irruption dans leur quotidien en en bouleversant soudainement le rythme.

L’impossible respect de la Convention de La Haye

La Convention de La Haye est votée en 1899 et révisée en 1907 par les (futurs) principaux belligérants de la Première Guerre mondiale. Elle est censée protéger le patrimoine en cas de conflit, mais c’est un bouclier de papier. Elle interdit, elle oblige. Mais comment ?

Des musées et des hommes

Hermann Burg ? au bureau du conservateur du musée de Valenciennes, vers 1917. Valenciennes, musée des Beaux-Arts, fonds Bauchond.

L’histoire des musées et de leurs collections pendant la Première Guerre mondiale est avant tout une histoire humaine. Elle met en scène des hommes pris entre leur devoir national et leur passion pour l’art. Français et Allemands se retrouvent dans une volonté commune de préserver le patrimoine en danger. Leurs actions restent néanmoins soumises à des enjeux politiques divergents qui en font des ennemis.

Arras, un musée sous les bombes

Portrait de madame la comtesse de Montesquiou

En 1914, le musée d’Arras est un des plus anciens de France, il a été créé en 1795 à partir des œuvres confisquées, puis s’est enrichi de collections archéologiques et d’histoire naturelle. Il a aussi la particularité d’être installé dans le Palais Saint-Vaast, entièrement reconstruit au XVIIIe siècle, et qui est l’un des plus prestigieux exemples de l’architecture religieuse de cette époque.

Boulogne : un patrimoine en éclat

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Les céramiques grecques du musée de Boulogne-sur-Mer sont d’inestimables témoins de la vie quotidienne, des croyances et des échanges culturels dans l’Antiquité. Lorsqu’elles entrent au musée en 1861, suite au rachat d’une partie de la collection de l’éditeur parisien Charles-Louis-Fleury Panckoucke, ces objets archéologiques présentent pourtant l’étonnante qualité d’être intacts.
D’où proviennent les fissures et les trous qui zèbrent aujourd’hui leur surface ?

Cambrai à l'heure allemande

Adolphe Bourgoin (d'après François Xavier Winterhalter), Portrait de l'impératrice Eugénie, 1868, huile sur toile, 241x157 cm. ©Hugo Maertens, Bruges

Depuis sa création en 1847, le musée des Beaux-arts de Cambrai a connu de nombreux déménagements. En 1914, lorsque la guerre éclate, il est installé depuis 19 ans dans l’hôtel de Francqueville, ensemble architectural construit au début du XVIIIe siècle. La collection Beaux-arts issue des saisies révolutionnaires ne cesse de s’enrichir mais cette croissance est stoppée brutalement par la guerre qui ravage Cambrai.

Bailleul, les tableaux fantômes

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Le musée de Bailleul, surnommé « le petit Cluny », doit son existence au collectionneur Benoît De Puydt. Tout au long de sa vie, ce greffier passionné regroupe une riche collection d’œuvres et d’objets d'art flamands qu’il lègue à sa ville natale en 1859. Bailleul se trouve durant toute la guerre proche du front. Qu’advient-il de ses collections ?

Pillage à Douai

Carte postale représentant une partie du musée de Douai avant 1914, 
dont le bâtiment abritant la collection des beaux-arts.
Douai, musée de la Chartreuse, fonds documentaire. 
© Douai, musée de la Chartreuse

En 1914, le musée de Douai est installé depuis plus de cent ans dans un ancien collège de Jésuites, agrandi entre-temps, qu’il partage avec la bibliothèque municipale. Il passe sous contrôle allemand en octobre et ne souffre pas trop de la guerre, jusqu’à ce qu’en septembre 1918, la situation ne devienne tout à coup vraiment critique…

Maubeuge: exposer en temps de guerre

Maurice Quentin de La Tour, Autoportrait à la toque d’atelier, 1742, Saint-Quentin, Musée Lécuyer.

Malgré son apparence de petit palais du XVIIIe siècle, l’actuel musée Antoine Lécuyer de Saint-Quentin a été construit entre 1928 et 1932 pour remplacer l’ancien bâtiment détruit pendant la Première Guerre mondiale. Il rassemble aujourd’hui l’une des plus riches collections de pastels de Maurice de La Tour. Pendant la guerre, la collection a pourtant failli être totalement détruite : elle doit sa sauvegarde à une curieuse initiative des autorités allemandes qui décidèrent de créer, dans un ancien magasin de Maubeuge, « un véritable musée de peinture comme en temps de paix ».

Le musée de Valenciennes pendant la Grande Guerre

Maurice Bauchond ?, vue de la salle Rubens lors de l'exposition allemande au musée de Valenciennes. 1917-1918. Valenciennes, musée des Beaux-Arts, fonds Bauchond

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, le musée des Beaux-arts de Valenciennes est l’un des établissements les plus modernes du Nord de la France.
En 1918, les forces allemandes décident d’y organiser une étonnante exposition, qui apparaît encore aujourd’hui comme l’un des rassemblements les plus exceptionnels d’œuvres appartenant aux collections publiques et privées du Nord de la France.
Fin septembre 1918, alors que le catalogue qui devait accompagner l’exposition n’est pas encore publié, l’avancée des troupes alliées s’annonce : la reprise du contrôle de Valenciennes par les Français semble imminente. Dans la précipitation, les Allemands décident de décrocher les œuvres des cimaises et d’en convoyer la majeure partie, par bateau, vers Bruxelles.
Mesure de protection ou tentative de constituer un butin, ce déménagement entrepris à la hâte entraîne les œuvres dans une incroyable odyssée...

Le palais des beaux-arts de Lille pendant la Grande Guerre

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En octobre 1914, le Palais des Beaux-arts de Lille est gravement touché par les bombardements allemands.
Le musée que l’on considère jusqu’alors comme l’un des plus prestigieux de France est en piteux état : les toitures sont effondrées, les eaux de pluie ruissellent le long des cimaises et l’absence de chauffage rendent une bonne partie de ses salles impraticables.
De plus, tout en mettant en place d’importantes mesures de protection, les autorités allemandes qui occupent la ville envisagent secrètement de reprendre certaines œuvres qu’elles pensent être issues des spoliations effectuées par l’armée française entre 1793 et 1815.

Calais : vie culturelle d’un musée à l’écart du front.

Front Nord, Calais, Pas-de-Calais, le musée - Mars 1918
Service photographique et cinématographique des Armées, opérateur Dufour 
Tirage réalisé à partir d’un négatif sur plaque de verre.

Acquisitions, expositions et mesures préventives de protection des œuvres.
Le Musée de Calais, tel que l’ont connu les Calaisiens durant la Première Guerre mondiale, n’existe plus de nos jours. Lui a succédé l’actuel Musée des Beaux-arts conçu par l’architecte Paul Pamart qui fut inauguré en 1966. À l’écart du front, Calais conserve une relative tranquillité qui favorise l’épanouissement de sa vie culturelle. Base de débarquement des troupes alliées, Calais subit toutefois de graves bombardements à partir de 1917.