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Œuvre : Précisions - Femme à la gandoura bleue | Espace WebMuséo Musenor

N° d'inventaire: 
1992.9

Domaine: 
Auteur(s): 
MATISSE Henri
Titre: 
Femme à la gandoura bleue

Statut de l'oeuvre: 
Lieux création, exécution: 
Date de création ou d'exécution: 
1951
Techniques et matériaux: 
toile (peinture à l'huile)

Dimensions: 
Hauteur en cm 81
largeur en cm 65

Mode d'acquisition: 
Date d'acquisition: 
1992
Commentaire: 
En 1951 Matisse termine ce qu’il considère comme le point d'aboutissement de sa création, la Chapelle à laquelle il vient de consacrer quatre années. Les derniers tableaux datent de 1947-1948, de cette magistrale série des « ateliers » exposée, sur le désir de Matisse, à Paris au Musée National d’Art Moderne en 1949. Désormais le pinceau n’a plus usage de travailler la couleur mais de manier les noirs des dessins monumentaux destinés ou non à la chapelle, les noirs qui modulent le blanc de la céramique ou du papier. La couleur, Matisse la sculpte avec des ciseaux. Il taille à vif de grands papiers gouaches pour en faire les vitraux de la chapelle, des maquettes de couverture de livres ou des compositions monumentales. Là, la peinture est posée sans aucune modulation avec une volonté de donner à la couleur l’intensité maximale dans un contour défini par un coup de ciseau rigoureux et infiniment sensible qui libère l'espace. Après la chapelle, Matisse consacre les quelques années qui lui restent à réaliser de monumentales gouaches découpées et de grands dessins à l’encre de Chine et au pinceau. Katia, robe jaune et Femme à la gandoura bleue, les deux derniers tableaux, sont une parenthèse, un retour au métier traditionnel avant de ne se consacrer qu'aux grandes décorations. En 1951, Matisse a comme modèle Katia, une suissesse d'une stature monumentale dont parle Aragon dans « Matisse-Roman » : «Depuis le mois d’octobre 50, de nouveaux modèles envahissent l'œil matissien. L'un d'eux, on l’appelait d’abord « Carmen », puis le peintre a préféré pour lui, pour elle, le nom de « Katia », parce qu'à son goût cela va mieux à une femme blonde. Toute une série de grandes femmes qui auraient pu être des « platanes », bien que seule, Katia-Carmen porte ce nom pour Matisse, « Le Platane .»En cette fin d'année, Matisse trace au large pinceau chargé d'encre de Chine, sept monumentaux dessins de vieux et immenses platanes qu'il va contempler à Villeneuve-Loubet et peint avec Katia comme modèle ses deux dernières peintures. « Un jour de l’an 51, au mois d’octobre poursuit Aragon, parce que « Le Platane » aura revêtu, à son tour revêtu ledit peignoir, nous apprendrons que c’était à nouveau une gandoura, « la gandoura bleue » qui donnera son nom au tableau où Katia-Carmen prend couleur ». Il peint Femme à la gandoura bleue en cinq ou six séances dans un moment de plénitude et de sérénité . Le modèle est vêtu d’une robe orientale juive. Matisse aimait habiller ses modèles de vêtements exotiques aux formes et aux couleurs luxuriantes (robes, blouses, culottes bayadères...). Il est impressionné par ce modèle à« la taille de demi-dieux », au cou comparable à une colonne. Les deux toiles sont un moment de détente, de bien-être, dans l’ascèse des gouaches découpées, peut-être un besoin de pétrir la peinture avec le pinceau. Matisse choisit trois couleurs, un bleu, un rouge et un jaune parmi les plus vifs. Il les poses au large pinceau, mêlant dessin et couleur, ligne et matière, une ligne qui n’enferme pas la couleur mais qui est couleur. Jamais Matisse n’a eu une telle liberté dans la touche qui garde vivant le geste du peintre dans une écriture non soumise à la forme. L'éclat jaune et rouge du fond environne le visage de Katia dont le bleu des yeux capte le regard. En opposition, l’effacement du dessin de la figure supprime l'anecdotique. Enfin l’exubérance de la couleur de la robe éclate comme une profusion de lumière, de cette lumière que Matisse chercha dans le Midi, en Afrique du Nord et à Tahiti et qu’il célèbre jusqu’à sa dernière œuvre.

1 Katia robe jaune, huile sur toile ; 0,81 x 0,60, repr. Aragon, « Henri Matisse, Roman », 1971, T.2, pl. LXXIV.
2 Op. cit., p.233, 234.
3 Communication Lydia Delectorskaya.

Source: Dominique Szymusiak in 10 ans d’acquisition FRAM de la Région Nord-Pas de Calais, p. 180

Crédits photographiques: 
Florian Kleinefenn
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