Originaire de Pesaro – dont il tient son surnom « Il Pesarese » – Simone Cantarini se forma à Bologne aux côtés du grand peintre classique Guido Reni (1575-1642). De caractère difficile, il fut écarté de l’atelier de Reni entre 1639 et 1642, et ne revint à Bologne qu’après la mort de celui-ci. Dans ce laps de temps, il se rendit vraisemblablement à Rome.
La leçon de Guido Reni est perceptible dans ce Saint Jérôme en méditation. Le type de cette figure, superposant les modèles du vieux saint, savant et solitaire et du philosophe âgé et barbu, évoque les têtes sculptées antiques dont Reni s’inspirait dans ses œuvres peintes ; une pratique visiblement suivie par Cantarini.
Sous l’influence de son séjour romain, ce dernier se détacha pourtant de la manière de son maître. Le traitement plastique et pictural, dense et fluide, ainsi que la force du clair-obscur dans ce tableau évoquent le naturalisme des œuvres du Caravage (1571-1610), qu’il pouvait alors observer à Rome. Cette double influence permettrait de dater l’œuvre entre 1638 et 1642.
Simone Cantarini exécuta de nombreuses peintures de saint Jérôme dont les compositions varient sensiblement mais dans lesquelles il parvient toujours à transcrire la force intérieure de ce saint humaniste, père de l’Église, intellectuel rigoureux et patriarche ascétique. Représenté à mi-corps dans l’obscurité d’une caverne, saint Jérôme vêtu de son manteau rouge, entouré de livres, tient de ses deux mains un crâne, support de sa méditation.
Cette œuvre magistrale, l’un des chefs-d’œuvre de Simone Cantarini, fut acquise par la Fondation Bemberg en 2020, afin de venir étoffer son fonds de peintures du 17e siècle.