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Œuvre : Précisions - Le Calvaire | Espace WebMuséo Musenor

© Photo Agence Giraudon
© RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda
N° d'inventaire: 
P.46.1.13

Domaine: 
Auteur(s): 
JANSSENS Abraham I dit Abraham VAN NUYSSEN (auteur ; peintre)
Titre: 
Le Calvaire

Statut de l'oeuvre: 
Date de création ou d'exécution: 
entre 4th quarter 16th century et 2nd quarter 17th century
Précision sur la création ou l'exécution: 
16e siècle (4e quart) (Entre)
17e siècle (2e quart) (Et)

Techniques et matériaux: 
Huile sur toile

Dimensions: 
Hauteur en cm : 373,3
Largeur en cm : 262,7

Date d'acquisition: 
1909
Ancienne(s) appartenance(s): 
Couvent, Dominicains, Valenciennes, Peint pour le maître autel des Dominicains de Valenciennes.- Remis aux marguilliers de Saint-Géry le 27.09.1803.

Bibliographie: 
1909, Valenciennes, Catalogue du Musée.
n°210
1918, FEULNER, Das Bergunsmuseum in Valenciennes
p. 336
1923, Valenciennes, Catalogue du Musée.
n°210
1931, Valenciennes, Catalogue du Musée.
n°70, p. 50, repr. pl. X, intitulé "La passion de Notre Seigneur", extrait: "Sur une croix droite et simple, dans le calme de la mort, le Christ est représenté de face; il occupe le centre de la composition et se détache sur un ciel très sombre. De chaque côté, les larrons, nus, représentés de trois quarts sur des croix faites de grosses branches, sont repliés sur eux-mêmes comme des êtres torturés. Ils portent des plaies ouvertes au milieu des jambes."
1998, Valenciennes, guide des collections
n°34, p.66

extrait de l'ouvrage :

La représentation du Calvaire constitue l'un des thèmes majeurs de la grande peinture religieuse. Janssens l'a plusieurs fois traité mais rarement avec une volonté de puissance si marquée. Cette grande toile provient du maître-autel de l'église des Dominicains de Valenciennes; elle fut sans doute commandée vers les années 1620 à Janssens, qui a été un temps, à Anvers, le rival de Rubens. Devant cette grande composition ambitieuse, la comparaison avec le maître du baroque flamand devient inévitable. Mais comme le résultat est différent! Au mouvement et à la fougue de Rubens s'oppose ici un parti de symétrie qui juxtapose des figures aux gestes arrêtés, comme figées dans la douleur. Les corps des trois crucifiés frappent par leur caractère sculptural avec leurs silhouettes puissamment modelées qui se découpent de façon théâtrale sur un ciel dramatique.
Le style de l'oeuvre emprunte les voies hésitantes de l'éclectisme: la pose contorsionnée du larron de droite trahit les liens du peintre avec le maniérisme, la violence de l'éclairage relève du caravagisme tandis que les figures des Saintes Femmes et de saint Jean affichent une réserve plutôt archaïque. Les souvenirs italiens de Janssens et leur confrontation avec l'émergence du baroque à Anvers expliquent sans doute cet art de compromis. Il est clair que nous sommes ici à l'opposé de Rubens et qu'avec cette oeuvre glacée et mesurée le peintre s'engage sur une voie très personnelle.

Patrick Ramade
2013, Valenciennes, Guide des collections
p. 66, repr.

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