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Le polyptyque d'Anchin

BELLEGAMBE Jean, Polyptyque d'Anchin (Achevé vers 1515) - Douai, Musée de la Chartreuse
 
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BELLEGAMBE Jean, Polyptyque d'Anchin (Achevé vers 1515) - Douai, Musée de la Chartreuse

Le Polyptyque d'Anchin est une œuvre du début du 16e siècle de l'artiste Jean Bellegambe. Il est exposé au musée de la Chartreuse de Douai.

L’abbaye bénédictine d’Anchin fut fondée en 1079 à quelques kilomètres de Douai. Au 13e siècle, le maître autel de l’abbatiale fut consacré à la Trinité et on y fit placer un retable en argent et or où était figuré le groupe de la Trinité, en dessous de la Vierge, entouré des statues des douze apôtres, le tout orné de pierres précieuses. Charles Coguin, abbé d’Anchin de 1508 à 1546 commanda à Jean Bellegambe un polyptyque à « transformations » qui devait masquer le précieux reliquaire ou coulisser lors de son exposition. L’ensemble du retable formé de neuf panneaux présente deux ouvertures. En position ouverte, la Trinité occupe la place centrale : Dieu le Père soutient le corps de son fils représenté en homme de douleur. De part et d’autre, la Vierge et saint Jean-Baptiste sont en adoration. Sur les volets extérieurs, mobiles, les apôtres, Pierre, Paul et André, et les martyrs, saint Etienne, sainte Catherine et sainte Barbe, proclament leur foi en la Sainte Trinité. L’arrière-plan est animé de nombreuses scènes en lien avec le sujet : Eve, Moïse, les vertus théologales, Marie-Madeleine et Marie l’Egyptienne qui symbolisent le péché et l’espoir du pardon. Les scènes se déroulent dans un paysage visionnaire mêlant aux architectures imaginaires tout une foule d’angelots. En position fermée, le Christ et la Vierge apparaissent comme les intercesseurs entre monde terrestre et monde céleste. Le Christ glorieux désigne la croix de la main gauche tandis que la Vierge présente la couronne. Sur le volet extérieur droit l’abbé Charles Coguin est agenouillé en prière, il porte la crosse et la mitre, symboles de son pouvoir temporel, et est protégé par la figure de son saint patron, Charlemagne. Sur le volet extérieur gauche, les moines et saint Benoît, fondateur de l’ordre, assistent à la scène. Ainsi la face interne du polyptyque illustre l’Adoration de la Sainte Trinité par le monde céleste, la face externe représentant la vénération de la croix par le monde terrestre, ouvrant à la vie éternelle. Il s’agit de l’expression globale du dogme de la Trinité et d’une exaltation de la foi en Dieu. Si la découverte en 1862 par l’historien Wauters a permis d’identifier Jean Bellegambe comme auteur du polyptyque d’Anchin, la date du retable ne peut être fixée avec précision. Charles Coguin, nommé abbé d’Anchin en 1506, quatre ans avant la mort de son prédécesseur, fut confirmé en 1508 dans sa dignité par le Pape Jules II, c’est à cette date qu’il reçut le droit de porter la mitre et la crosse. Genaille en déduit que le retable a été commandé en 1508 et terminé vers 1513, Friedländer propose la date de 1511, lorsque Charles Coguin succède réellement comme abbé à la mort de son prédécesseur. Nous serions tentés d’adopter cette datation qui situe la commande quatre à cinq ans après la table d’autel de l’abbaye de Flines et justifie l’évolution de l’artiste vers un langage plus moderne conjuguant l’élégance des formes et la douceur du coloris. Au regard de l’importance du travail, l’oeuvre a dû être terminée vers 1515. A cette période, Jean Bellegambe est encore tributaire du langage suave des brugeois comme Gérard David et peu sensible à l’influence des maniéristes anversois. La clarté de la composition, le souci d’équilibre le différencient de ses contemporains septentrionaux et le rapprochent de l’art français.

Françoise Baligand

 

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