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Expositions virtuelles des Musées de la Région Centre

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Livres d’autels et de chœur, 13e-début 16e siècle

Lettrine ornée de la Sainte Chemise de la Vierge, antiphonaire de Notre-Dame de Chartres, Paris ou Rouen (?), vers 1515-1520, musée d'art et d'histoire de Dreux
Lettrine ornée de la Sainte Chemise de la Vierge, antiphonaire de Notre-Dame de Chartres, Paris ou Rouen (?), vers 1515-1520, musée d'art et d'histoire de Dreux

 

On distingue dans la liturgie chrétienne l’office quotidien réparti en huit moments de la journée – les heures canoniales, qui rythment la journée toutes les trois heures (matines, laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres et complies) –, la messe (l’eucharistie) et de nombreux rites (pour l’administration des sept sacrements, les vœux monastiques, les funérailles, les consécrations d’église ou d’autels, les exorcismes et les bénédictions).


Ces cérémonies se composent de gestes, de lectures, de chants et de prières dont certains sont invariables et d’autres changent en fonction du calendrier ou du saint fêté. À partir du 11e siècle, apparaît la tendance à compiler tous les textes nécessaires à ces célébrations en un seul livre : ceux de l’office dans le bréviaire, ceux de la messe dans le missel, et ceux des rites dans des rituels, dont certains à l’usage des évêques sont appelés pontificaux. Ces livres ne remplacent pas totalement d’autres ouvrages conçus pour servir à un endroit précis de l’église. Le sacramentaire ne sert ainsi qu’au célébrant, tandis que l’antiphonaire (Antiphonaire de N-D de Chartres, vers 1515-20, musée d'art et d'histoire, Dreux), pour l’office, ou le graduel, pendant la messe, sont utilisés au chœur par le chantre et la chorale. En raison de leur grand format, ces livres ont souvent été la proie des dépeceurs de manuscrits qui trouvaient dans leurs imposantes et riches enluminures des images à découper et à vendre sous forme de petits tableaux.

Antiphonaire de N-D de Chartres, Paris ou Rouen (?), vers 1515-20, musée d'art et d'histoire, Dreux

Illustration

Cette grande lettrine a été découpée dans un antiphonaire provenant de Notre-dame de Chartres, comme l'indique le petit écu en cuir découpé aux armes du chapitre cathédrale (d'azur à une chemise d'argent). La Sainte Chemise de la Vierge était la plus insigne relique de la cathédrale, offerte par Charles le Chauve à l'église de Chartres en 876 et miraculeusement préservée durant l'incendie de 1194.