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Seuilly (37)

Musée Rabelais La Devinière

Bandeau d'illustration de l'espace WM : Musée Rabelais La Devinière
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Pantagruel par André Derain

Vignette extraite de la planche "Comment Panurge gagnait les indulgences, mariait les vieilles et eut des procès à Paris. Ch.17." - Représentant de la Cour de justice. ; © André Derain ; © Adagp, Paris [2020]
Vignette extraite de la planche "Comment Panurge gagnait les indulgences, mariait les vieilles et eut des procès à Paris. Ch.17." - Représentant de la Cour de justice.
Additional information
© André Derain ; © Adagp, Paris [2020]

Les Horribles et espouvantables faictz et prouesses du très renommé Pantagruel,
roy des Dipsodes, fils de grand géant Gargantua

François Rabelais (1494-1553)
Bois en couleurs dessinés et gravés par André Derain (1880-1954)
Paris Albert Skira 1943

Ce Pantagruel illustré par André Derain constitue une acquisition d’exception réalisée par le Département d’Indre-et-Loire en faveur de l’enrichissement des collections du musée Rabelais, avec le soutien de la DRAC et de la région Centre-Val de Loire. L’œuvre est exceptionnelle à plus d’un titre. D’abord par la signature de l’artiste qui illustre le roman fondateur et intemporel : André Derain l’un des pères de l’art moderne, l’un des grands fauves en liberté ; puis par la nature même de l’ouvrage. Ce livre fait partie des 35 exemplaires numérotés, il présente la singularité de ne pas être relié. Le livre est illustré des 178 bois originaux couleurs, assorti d’une suite complète de bois en couleurs sur Madagascar - hors texte en feuillets - comprenant notamment 22 feuillets pleine page, 16 sur trois-quarts de page, 34 lettrines et enrichi de 2 épreuves d'état en couleurs. Un chef d’œuvre complet, la rencontre entre Rabelais, l’un des « génies mères de la littérature », et Derain, l’un des maîtres de la couleur.

Derain-Rabelais : la rencontre

Derain consacre l’essentiel de son temps entre 1941 et 1943 à illustrer Pantagruel de Rabelais, une commande de l’éditeur genevois Alfred Skira. Il conçoit dans l’esprit des premiers temps de l’imprimerie, 178 bois en couleurs pour lesquels il met au point une technique de coloriage exigeant une intervention manuelle. Dans l’atelier de Roger Lacourière, quatre compagnons peignent chaque planche selon le modèle fourni par l’artiste, ils impriment d’un coup et nettoient le bois. Ils recommenceront 58000 fois la même opération. Avec L’enchanteur pourrissant d’Apollinaire, Pantagruel est l’autre chef d’œuvre de Derain, peintre-illustrateur. D’une absolue fidélité à la truculence du verbe rabelaisien, ses gravures tiennent autant du Moyen-Âge en s’inspirant des tarots anciens par le style du dessin, l’intensité des couleurs ; qu’à la modernité fauve.

André Derain, le goût de la gravure

Ami de Vlaminck, Matisse, Braque, Picasso, Apollinaire, Breton, Satie, Stravinski, Jean Renoir, Giacometti, Derain interroge tous les arts et toutes les époques. Derain, un aventurier de l’art moderne, le Christophe Colomb de la peinture moderne, mais ce sont les autres qui profitent des nouveaux continents. Gertrude Stein.

En 1906, le collectionneur d’art Gustave Fayet qui possède les bois de Gauguin ayant servi à illustrer son manuscrit Noa, Noa, met à contribution Derain.

Derain connait bien l’œuvre d’Alfred Jarry grâce à Guillaume Apollinaire, l’ami proche du poète burlesque. Jarry défend des partis pris esthétiques que Derain partage : intérêt pour la xylographie (gravure sur bois) médiévale, l’imagerie populaire, le théâtre de marionnettes, la geste de Pantagruel… Derain puise largement dans ces sources d’inspiration.  

 

Cette exposition virtuelle a été réalisée avec le soutien technique de Valérie Maillochon, chargée de mission de l'association Musées en Centre-Val de Loire.

L'exposition temporaire des illustrations d'André Derain est accessible au public du musée depuis le 11 juillet 2020.