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Expositions virtuelles des Musées de la Région Centre

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La représentation du monde paysan

Danse paysanne, vitrail, XVIe siècle, 1865.286.1, musées de Bourges
Danse paysanne, vitrail, XVIe siècle, 1865.286.1, musées de Bourges
Jeune vielleur savoyard jouant devant une famille berrichonne, Aglaé de Ladicière, 1840, 1964.26.1, musée du Berry, Bourges
Jeune vielleur savoyard jouant devant une famille berrichonne, Aglaé de Ladicière, 1840, 1964.26.1, musée du Berry, Bourges
Louis Napoléon Bonaparte à la ferme du Coudray, Brinon (Cher) le 22 avril 1852, Raymond Esbrat, huile sur toile, Musée de Sologne à Romorantin-Lanthenay, dépôt du Musée des Beaux-Arts d’Orléans
Louis Napoléon Bonaparte à la ferme du Coudray, Brinon (Cher) le 22 avril 1852, Raymond Esbrat, huile sur toile, Musée de Sologne à Romorantin-Lanthenay, dépôt du Musée des Beaux-Arts d’Orléans

La représentation du monde paysan apparaît au Moyen Age. Il faut dire qu’à cette époque la majorité de la population vit en milieu rural, pourtant, les scènes paysannes dans l’iconographie médiévale restent minoritaires. La religion occupant une place importante dans la société, les travaux paysans sont d’abord représentés pour illustrer chacun des mois de l’année dans les calendriers des portails des églises des XIIe et XIIIe siècles (voussures du portail royal de la cathédrale de Chartres). Si le thème renvoie à l’idée de labeur, châtiment infligé par Dieu aux hommes pour racheter le Pêché originel d’Adam, l’Eglise reconnaît et affirme que la terre est la base de la société humaine. Aux XIVe-XVe siècles, les calendriers enluminés se développent dans les ouvrages liturgiques (Les Très riches Heures du duc de Berry, 1416, Musée Condé, Chantilly) commandités par la noblesse. Celle-ci affirme sa supériorité sur la classe paysanne, contrainte de travailler pour survivre. On retrouve également les mêmes thématiques les tapisseries représentant des paysans sous des traits grossiers, parfois au milieu des bêtes sauvages.

Au XVIe siècle, la bourgeoisie, enrichie grâce au commerce, s’approprie ainsi les terres. Désireuse de s’inscrire dans le style de vie nobiliaire, elle décore ses hôtels et châteaux de représentations paysannes. Cependant les thèmes évoluent : le labeur disparaît au profit de la fête paysanne avec ses kermesses et ses danses.

A partir de la Renaissance, se met en place un classement hiérarchique des genres picturaux qui institue les images du monde rural (le paysage et ceux qui le travaillent) à un niveau secondaire part rapport aux sujets historiques et mythologiques. Pourtant au XVIIe siècle, la peinture de genre prend son essor aux Pays-Bas et renouvelle la représentation du monde paysan. Très prisées ces petites toiles sont diffusées à travers l’Europe par les marchands nordiques. Les personnages qui semblent davantage réalistes ne sont en fait que des figures pittoresques savamment choisies. En France, les frères Le Nain représentent des intérieurs paysans et des vues de villages qui transcendent une réalité.

Les scènes campagnardes du début du XVIIIe siècle sont empruntes d’une vision bucolique et légère reprenant le thème virgilien du bonheur de la vie champêtre. Les artistes comme Antoine Watteau ou François Boucher représentent les plaisirs et les fêtes. La deuxième moitié du siècle est marquée par une conception plus réaliste, due notamment à la philosophie de Jean-Jacques Rousseau. Les travaux des champs sont réhabilites et les sujets paysans anoblis.

Avec les débuts de l’industrialisation et l’urbanisation croissante, la nostalgie de la terre va conduire à un véritable engouement pour les sujets ruraux à travers tout le XIXe siècle. Le répertoire iconographique renouvelé hisse au niveau de la peinture d’histoire des thèmes quotidiens inspirés par la vie dans les campagnes, au détriment des sujets urbains, moins mis à l’honneur par les artistes. Avec Gustave Courbet, le monde rural est représenté dans toute sa réalité et même au-delà. La représentation du paysan prend davantage une dimension sociale. A l’opposé, certains artistes préfèrent montrer la dignité du paysan occupé aux travaux des champs. Archétype vertueux, celui-ci devient de pilier immuable et éternel de la société.

Jeune vielleur savoyard jouant devant une famille berrichonne (1840) (1964.26.1)
Jeune vielleur savoyard jouant devant une famille berrichonne (1840) (1964.26.1) | Jeune vielleur savoyard jouant devant une famille berrichonne (1840) (1964.26.1)
Danse paysanne (1865.286.1 ; P.R. I 41 (Catalogue ancien par matière); G.R. CC 22 (1) (Catalogue ancien par matière); 346 (Catalogue peinture 1869))
Danse paysanne (1865.286.1 ; P.R. I 41 (Catalogue ancien par matière); G.R. CC 22 (1) (Catalogue ancien par matière); 346 (Catalogue peinture 1869)) | Danse paysanne (1865.286.1 ; P.R. I 41 (Catalogue ancien par matière); G.R. CC 22 (1) (Catalogue ancien par matière); 346 (Catalogue peinture 1869))
Estampe ; A Gravelotte, 1883 (92.10.07)
Estampe ; A Gravelotte, 1883 (92.10.07) | Estampe ; A Gravelotte, 1883 (92.10.07)
Statue ; Le travailleur de la terre (1992.13.13 ; D.981.1.2 (Ancien numéro))
Statue ; Le travailleur de la terre (1992.13.13 ; D.981.1.2 (Ancien numéro)) | Statue ; Le travailleur de la terre (1992.13.13 ; D.981.1.2 (Ancien numéro))
Paysan du canton de Lignières vers 1825 - 1830 ; Dessin (1870.2.14 ; 309 (Inventaire A); P.R. f° 124 extrait du journal du Cher du 21 juin 1870 (Catalogue ancien par matière))
Paysan du canton de Lignières vers 1825 - 1830 ; Dessin (1870.2.14 ; 309 (Inventaire A); P.R. f° 124 extrait du journal du Cher du 21 juin 1870 (Catalogue ancien par matière)) | Paysan du canton de Lignières vers 1825 - 1830 ; Dessin (1870.2.14 ; 309 (Inventaire A); P.R. f° 124 extrait du journal du Cher du 21 juin 1870 (Catalogue ancien par matière))
affiche ; La terre par E. Zola, édition illustrée (81.01.08)
affiche ; La terre par E. Zola, édition illustrée (81.01.08) | affiche ; La terre par E. Zola, édition illustrée (81.01.08)
Scène champêtre (1927.1.2 ; 2001 (Inventaire D))
Scène champêtre (1927.1.2 ; 2001 (Inventaire D)) | Scène champêtre (1927.1.2 ; 2001 (Inventaire D))
Estampe ; Paysan étalant du fumier (81.01.04)
Estampe ; Paysan étalant du fumier (81.01.04) | Estampe ; Paysan étalant du fumier (81.01.04)
Estampe ; La récolte des pommes de terre (81.01.06)
Estampe ; La récolte des pommes de terre (81.01.06) | Estampe ; La récolte des pommes de terre (81.01.06)
Estampe ; Femme qui broie du lin (81.01.32)
Estampe ; Femme qui broie du lin (81.01.32) | Estampe ; Femme qui broie du lin (81.01.32)
Fenaison en Normandie ; Fenaison en Normandie (D 956.001.001 ; n° entrée 148
n° déposant 18259)
Fenaison en Normandie ; Fenaison en Normandie (D 956.001.001 ; n° entrée 148 n° déposant 18259) | Fenaison en Normandie ; Fenaison en Normandie (D 956.001.001 ; n° entrée 148 n° déposant 18259)
Estampe ; Paysans portant du foin (81.01.02)
Estampe ; Paysans portant du foin (81.01.02) | Estampe ; Paysans portant du foin (81.01.02)
Estampe ; Sans titre (quatre chevaux de halage au repos) / Cour de ferme à Samois (81.01.09)
Estampe ; Sans titre (quatre chevaux de halage au repos) / Cour de ferme à Samois (81.01.09) | Estampe ; Sans titre (quatre chevaux de halage au repos) / Cour de ferme à Samois (81.01.09)
Estampe ; La moissonneuse-batteuse (81.01.12)
Estampe ; La moissonneuse-batteuse (81.01.12) | Estampe ; La moissonneuse-batteuse (81.01.12)

Jean Baffier et le monde rural

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Jean Baffier est né, en 1851, dans une famille de vignerons, établie depuis le milieu du 18e siècle à Neuvy-le-Barrois (Cher). Dans ces confins du Berry, du Nivernais et du Bourbonnais, les principales activités sont la vigne et la forêt (qui fournit des ressources en particulier aux forges et fonderies du val d’Aubois), puis l’élevage.

Le monde rural et les affiches

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La production d’affiche se développe au cours du XIXe siècle avec l’essor industriel et les progrès de la mécanisation. Bénéficiant du perfectionnement des techniques d’impression lithographique, elle devient le premier des supports de publicité.

Le "bon sauvage français" ? Représentations ethnographiques

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Tout au long du XIXe siècle, le dépeuplement des campagnes et la volonté politique de centralisation et d’unification linguistique activent le mécanisme de perte d’identité qui affecte les régions françaises.